Qu’est ce que l’ARE et comment l’obtenir ?
Qu’est ce que l’ARE et comment l’obtenir ?
L’ARE (Allocation de Retour à l’Emploi), communément appelée « chômage », est une aide financière versée par France Travail (anciennement Pôle emploi) aux personnes ayant perdu leur travail involontairement. Elle constitue un revenu de remplacement essentiel pour sécuriser le parcours professionnel.
Découvrez-en plus sur cette aide, ses conditions d’obtention mises à jour, le montant que vous pouvez percevoir ainsi que les démarches précises à effectuer afin de l’obtenir.
L’ARE : qu’est-ce que l’Allocation de Retour à l’Emploi ?
L’Allocation de Retour à l’Emploi est une prestation sociale permettant aux personnes privées d’emploi de bénéficier d’une indemnisation mensuelle durant leur phase de recherche d’emploi ou de formation.
Cette aide s’adresse aux demandeurs aptes physiquement à travailler et en recherche active d’emploi. L’aide est destinée à compenser la perte de revenu et à couvrir les frais du quotidien ainsi que ceux liés à la réinsertion professionnelle (déplacements, hébergement lors d’entretiens, etc.).
Depuis la création de France Travail, les modalités de suivi ont évolué, mais le principe de l’ARE reste le même : garantir un filet de sécurité proportionnel aux anciens revenus du travailleur.
Comment obtenir l’ARE ? Conditions d’éligibilité
Pour prétendre à cette allocation, il ne suffit pas d’être sans emploi. Plusieurs critères stricts doivent être réunis concernant votre résidence, votre âge et votre historique professionnel.
Les conditions principales à respecter :
Afin de pouvoir bénéficier de l’ARE, vous devez résider en France et être inscrit comme demandeur d’emploi auprès de France Travail. La condition centrale repose sur votre durée d’affiliation : vous devez avoir travaillé au moins 130 jours ou 910 heures sur une période de référence donnée.
Cette période de référence (le temps durant lequel on recherche vos heures travaillées) varie selon votre âge à la date de fin de contrat :
| Âge du demandeur | Période de référence d’affiliation (PRA) |
|---|---|
| Moins de 53 ans | 24 derniers mois (2 ans) |
| 53 ans et plus | 36 derniers mois (3 ans) |
Notez également que les personnes ayant atteint l’âge légal de départ à la retraite et justifiant du nombre de trimestres requis pour une retraite à taux plein ne peuvent plus prétendre à l’Allocation d’aide au Retour à l’Emploi.
Le cas de la démission et du départ volontaire
Le principe de base est que la privation d’emploi doit être involontaire (licenciement, rupture conventionnelle, fin de CDD). Si vous quittez volontairement votre emploi (démission) sans motif légitime, vous ne pourrez pas bénéficier de l’ARE immédiatement.
Toutefois, si vous avez démissionné pour un motif reconnu comme « légitime » (suivi de conjoint, non-paiement des salaires, harcèlement…), vos droits sont ouverts normalement. Si votre démission n’est pas légitime, il vous faudra attendre 121 jours (environ 4 mois) avant de pouvoir demander un réexamen de votre dossier par l’Instance Paritaire Régionale (IPR). Vous devrez alors prouver vos recherches actives d’emploi durant cette période de carence.
Quel est le montant de l’ARE et comment est-il calculé ?
Le montant de votre allocation dépend de vos anciens salaires bruts (primes incluses) perçus durant la période de référence. France Travail calcule d’abord un Salaire Journalier de Référence (SJR).
L’allocation journalière correspond au montant le plus élevé entre ces deux formules :
- 40,4 % du SJR + une partie fixe (12,95 € par jour, valeur soumise à revalorisation annuelle) ;
- 57 % du SJR.
Ce montant est encadré par un plancher (allocation minimale) et un plafond. De plus, pour les hauts revenus (salaire brut mensuel supérieur à environ 4 800 €), une dégressivité de l’allocation peut s’appliquer après le 7ème mois d’indemnisation.
Exemple concret de calcul
Si vous perceviez un salaire de 2 000 € brut mensuel sur les 2 dernières années :
- Votre allocation nette sera d’environ 1 140 € à 1 200 € par mois (selon les cotisations sociales retenues sur l’allocation).
- Le versement est mensuel et dépend du nombre de jours dans le mois (28, 30 ou 31 jours).
Les démarches pour s’inscrire et percevoir l’aide
Si vous répondez aux conditions d’éligibilité, vous devez initier la procédure administrative rapidement après la fin de votre contrat de travail.
Inscription et demande d’allocation
La première étape est votre inscription officielle. Elle se fait exclusivement en ligne. Vous devez vous rendre sur le portail officiel (qui redirige désormais vers les services de France Travail) à l’adresse suivante : https://www.pole-emploi.fr/.
Cliquez sur la rubrique « M’inscrire/me réinscrire ». Vous devrez créer votre espace personnel et remplir un formulaire unique qui sert à la fois pour l’inscription comme demandeur d’emploi et pour la demande d’allocations. Préparez les documents suivants :
- Votre pièce d’identité et votre carte Vitale ;
- L’attestation employeur destinée à Pôle Emploi / France Travail (remise par votre ex-employeur) ;
- Un RIB pour le virement des indemnités.
L’actualisation mensuelle : une étape obligatoire
Une fois votre inscription validée et vos droits ouverts, le versement n’est pas automatique. Il convient d’actualiser votre situation entre le 28 de chaque mois et le 15 du mois suivant.
Lors de cette actualisation, vous devez déclarer tout changement (travail, maladie, formation). Si vous ne le faites pas, vous risquez la radiation et l’interruption des paiements.
Cumul ARE et activité professionnelle
Il est tout à fait possible de travailler tout en percevant une partie de son chômage. C’est le dispositif du cumul ARE-salaire. Si vous retrouvez une activité réduite (quelques heures ou un temps partiel), France Travail complète votre revenu.
Le calcul est le suivant : Montant de l’allocation mensuelle due – 70 % du salaire brut de la nouvelle activité. Le total (salaire + complément ARE) ne peut toutefois pas dépasser votre ancien salaire de référence.
Vos obligations en tant qu’allocataire
Percevoir l’ARE n’est pas un droit inconditionnel, c’est une contrepartie à vos efforts de réinsertion. L’ARE vous engage à :
- Définir et actualiser votre Projet Personnalisé d’Accès à l’Emploi (PPAE) avec votre conseiller ;
- Justifier de votre recherche active et permanente d’emploi (en gardant des preuves de vos candidatures) ou de vos démarches de création d’entreprise ;
- Vous présenter à tous les rendez-vous fixés par votre conseiller ainsi qu’aux ateliers ou formations prescrits ;
- Ne pas refuser plus de deux fois une offre raisonnable d’emploi (ORE) sans motif légitime. L’offre raisonnable est définie selon des critères de salaire et de distance géographique qui évoluent avec le temps passé au chômage.
Dans le cas où vous retrouveriez un emploi à temps plein, il vous faudra en informer France Travail dans un délai de 72h. Cela s’applique également en cas d’arrêt maladie (la Sécurité Sociale prend le relais) ou de déménagement.

Christophe Livet










