Qui doit payer la maison de retraite d’un parent ?
Qui doit payer la maison de retraite d’un parent ?
Le financement d’une maison de retraite suit toujours le même ordre. Le parent paie d’abord avec ses propres ressources (pension, APL, APA, vente ou location de ses biens), puis ses obligés alimentaires (enfants, gendres et belles-filles) complètent s’il reste un solde, et enfin l’aide sociale a l’hébergement (ASH) du département prend le relais quand tout cela ne suffit pas. Les petits-enfants ne sont plus sollicités depuis la loi Bien Vieillir de 2024. Vous n’êtes donc jamais seul face a la facture, mais votre participation dépend de vos revenus et reste encadrée.
Combien coûte vraiment une maison de retraite ?

Avant de savoir qui paie, il faut chiffrer la dépense. En 2026, une place en EHPAD coûte en moyenne 2 600 € par mois en chambre individuelle, selon les données transmises a la CNSA. L’écart entre établissements est considérable.
Les trois tarifs qui composent la facture
La facture d’un EHPAD se découpe en trois blocs distincts. Le tarif hébergement couvre le logement, les repas et l’entretien. Le tarif dépendance finance l’aide aux gestes quotidiens. Le tarif soins, lui, est pris en charge par l’Assurance maladie et ne vous est pas facturé.
| Type d’établissement | Coût mensuel moyen 2026 |
|---|---|
| EHPAD public | environ 1 900 € |
| EHPAD privé associatif | environ 2 100 € |
| EHPAD privé commercial | environ 2 900 € |
Ce qu’il reste a payer apres les aides
Une fois l’APA et le crédit d’impôt déduits, le reste a charge médian se situe entre 1 500 et 1 800 € par mois en France. C’est souvent ce solde qui dépasse la pension du parent et déclenche la problématique du financement familial.
En 2026, une place en EHPAD coûte en moyenne 2 600 € par mois, mais le reste a charge médian après aides tourne autour de 1 500 a 1 800 € mensuels.
Les ressources du parent passent en premier

Avant de solliciter qui que ce soit, l’administration considère que le résident doit mobiliser tout ce dont il dispose. Aucune aide ni aucune contribution familiale n’est calculée tant que ses propres ressources n’ont pas été prises en compte.
Pension, APL et vente ou location des biens
La pension de retraite, l’éventuelle pension de réversion et les aides au logement (APL) sont affectées en priorité aux frais d’hébergement. Si le parent possède un logement qu’il n’occupe plus, il peut le louer pour générer un revenu, voire le vendre.
Hypothéquer la maison pour payer la maison de retraite reste possible, mais ce n’est pas une obligation imposée par la loi. Avant toute décision sur le patrimoine, pensez a sécuriser la gestion des affaires du parent : notre article sur l’habilitation familiale en EHPAD détaille la marche a suivre.
L’APA en établissement pour la dépendance
L’allocation personnalisée d’autonomie (APA) en établissement réduit le tarif dépendance facturé au résident, selon son niveau de perte d’autonomie (GIR 1 a 4) et ses revenus. Elle est versée par le département et ne fait l’objet d’aucune récupération sur la succession. C’est la première aide a demander, distincte de l’ASH.
L’obligation alimentaire : qui est concerné ?
Simulateur d'obligation alimentaire
Estimez la répartition indicative de la contribution entre les enfants pour financer le reste a charge d'un parent en maison de retraite.
Estimation indicative. Il n'existe aucun bareme legal : le juge aux affaires familiales apprecie chaque situation au cas par cas, selon les ressources et les charges de chacun. La repartition egale s'applique a defaut d'accord entre les enfants.
Quand les ressources du parent ne couvrent pas la facture, le Code civil impose aux proches de l’aider financièrement. C’est l’obligation alimentaire, posée par l’article 205 du Code civil. Le simulateur ci-dessous vous donne une première idée de la répartition entre enfants.
Enfants, gendres et belles-filles
Les premiers concernés sont les enfants, biologiques ou adoptés. Les gendres et belles-filles le sont également, tant que le mariage avec l’enfant du résident dure et qu’il existe des enfants vivants issus de cette union. Chacun contribue a hauteur de ses moyens, jamais au-dela.
Les petits-enfants désormais dispensés
C’est le changement majeur récent. Depuis la loi Bien Vieillir du 8 avril 2024, les petits-enfants sont dispensés de l’obligation alimentaire lorsqu’une demande d’ASH est déposée pour un grand-parent. Cette dispense s’étend a leurs propres descendants.
Comment le montant de chacun est fixé
Aucun barème légal ne fixe la somme due. La loi n’impose pas de taux : les obligés doivent s’entendre a l’amiable sur le montant. L’aide varie selon les ressources du parent dans le besoin et celles de chaque obligé, charges de famille comprises.
Bonne nouvelle pour vous : les sommes versées au titre de l’obligation alimentaire sont déductibles de vos revenus imposables, au même titre qu’une pension alimentaire. Le détail des conditions figure sur le portail pour les personnes âgées.
L’aide sociale a l’hébergement (ASH) : le dernier filet

Lorsque ni le parent ni ses obligés ne peuvent couvrir l’intégralité de la facture, le conseil départemental verse l’ASH. Elle paie la différence entre le coût de l’hébergement et l’ensemble des contributions du résident et de sa famille.
Conditions et minimum laissé au parent
L’ASH s’adresse aux personnes de 65 ans et plus (ou 60 ans en cas d’inaptitude au travail), hébergées dans un établissement habilité a l’aide sociale. Le département laisse toujours au résident au moins 10 % de ses revenus, avec un minimum de 125 € par mois en 2026. Si le conjoint reste a domicile, une somme minimale d’environ 1 044 € par mois lui est garantie.
L'ASH laisse toujours au résident au moins 10 % de ses revenus, soit un plancher de 125 € par mois en 2026 pour ses dépenses personnelles.
La récupération sur la succession
Contrairement a l’APA, l’ASH est récupérable. Au décès du bénéficiaire, le département peut se faire rembourser les sommes versées sur l’actif net de la succession, c’est-a-dire sur le patrimoine transmis aux héritiers. Les donations consenties dans les 10 ans précédant la demande peuvent aussi être visées.
Cet enjeu pèse parfois lourd au moment du règlement de la succession. Si vous redoutez le coût final, nos solutions pour préserver l’héritage face aux droits de succession peuvent vous aider a anticiper. Pour le détail officiel des conditions, consultez la fiche aide sociale a l’hébergement sur service-public.gouv.fr.
Que faire en cas de désaccord dans la famille ?
Le partage de la charge entre frères et sœurs est une source fréquente de tensions. La problématique revient souvent : qui paie la maison de retraite de mon frère ou de ma sœur, si lui-même n’a pas d’enfants pour l’aider ? La règle est la même, mais les obligés alimentaires diffèrent selon le lien de parenté.
Quand les proches ne parviennent pas a s’entendre, c’est le juge aux affaires familiales qui tranche. Il fixe la part de chaque obligé en examinant sa situation personnelle, ses revenus et ses charges. Pour anticiper sereinement, mieux vaut organiser la transmission en amont : notre guide sur l’optimisation de la transmission du patrimoine aborde les leviers utiles.
Questions fréquentes
Le conjoint doit-il payer la maison de retraite ?
Oui, au titre du devoir de secours entre époux, le conjoint contribue aux frais selon ses moyens. Le département lui garantit toutefois une somme minimale pour vivre lorsqu’il reste a domicile, environ 1 044 € par mois en 2026.
Comment éviter de payer la maison de retraite de ses parents ?
On ne peut pas s’y soustraire librement, mais la contribution est plafonnée par vos ressources réelles. Un obligé sans moyens suffisants peut être exonéré par le juge. Les enfants dont le parent a gravement manqué a ses propres obligations peuvent aussi être dispensés.
Quelle aide pour payer la maison de retraite demander en premier ?
Demandez d’abord l’APA en établissement, qui réduit le tarif dépendance sans récupération sur succession. Sollicitez ensuite l’ASH si le reste a charge dépasse encore les ressources du parent et de ses obligés.

Christophe Livet










